Au fond d'un trou bien profond
Un rai de lumière, beaucoup d'ombre
Le bleu, le ciel, tout se confond
De la terre froide et dure
Sur un matelas moelleux
Une voix roque, un chant pur
Un chuchotement mielleux
Une boîte en bois
Enfermant ma bonté
Une gueule de bois
Dans un lieu si peu bondé
Des fleurs sauvages
Contre un lys apprivoisé
Une larme d'enfant sage
Pour un caveau ratiboisé
La fin d'une aventure
Le début d'une autre
Ne reste pas là, à la devanture
Sur toi je me vautre
Plus que je ne repose
Dans un silence mortifère
Pour un roman à l'eau de rose
Il faudra bien t'y faire
Des kilomètres festivaliers
Sur une route caillouteuse
Arrivent les doux cavaliers
Avec une allure douteuse
Une grille où s'empalent les doutes
Subtilisant les codes
De cette si brève route
Qui ne tient compte des modes
Le fil d'une vie
Qui trame et qui file
Savoir que toutes tes envies
Devant tes yeux défilent
Un regard de braise
Homologué éthiquement
Sur cette terre glaise
Qui te suit étymologiquement
Des cicatrices mortelles
Un instant sur tes veines
Méritais-tu une mort telle
Qui expie tes fautes par tes peines
Une allée divisée
Un essentiel fragile
Une fin stylisée
Pour un labeur d'argile
Un coup de pioche hasardeux
Au détour d'une suspicion
Un soupir hargneux
En toute discrétion
Des flammes bleutées
Pour des âmes vagabondes
Des semelles crantées
Qui circulent telles des ondes
A la recherche d'une plaque dorée
D'un corps trop peu connu
Des silhouettes qui continuent à s'ignorer
Contemplant ce qui recouvre ces corps nus
Un portail fermé
De demain à hier
Tu seras informé
De ta place au cimetière.


